Éliminer les frais de scolarités et améliorer l’éducation postsecondaire publique

Les gouvernements fédéraux et provinciaux avaient jadis un plus grand rôle quand venait le temps de financer l’éducation en tant que bien public. La part du financement public pour l’éducation postsecondaire a périclité de 80% à si peu que 50% depuis les années 90 – alors que le gouvernement libéral a coupé le financement de l’éducation postsecondaire.

Alors que les gouvernements se sont départis de leurs responsabilités sociales, le poids financier de l’éducation a été porté de plus en plus par les étudiants et les étudiantes. Les frais de scolarité ont triplé depuis 2001, haussant jusqu’à 6 363 $ par année en moyenne, aujourd’hui. L’endettement étudiant moyen au Canada est de 28 000 $, sans compter les sources d’endettement privées telles que les marges de crédit personnelles et les cartes de crédit. Au total, les étudiants et les étudiantes doivent un montant ahurissant de 28 000 000 $ à tous les paliers de gouvernement.

Ce qui ne fait qu’empirer la situation, les étudiants et les étudiantes aujourd’hui font face à un marché de l’emploi où il devient nécessaire d’avoir un diplôme universitaire ou collégial pour jusqu’à 70% des emplois disponibles, où un niveau d’éducation postsecondaire est un prérequis.  Parallèlement, les politiques néolibérales ont engendré un marché du travail où la précarité est omniprésente, alors que les diplômé-e-s se retrouvent trop souvent avec des emplois sous-payés, à temps partiel et sans avantages sociaux ou de sécurité d’emploi.

Le temps est venu de mettre en place des changements fondamentaux au sein de notre système inéquitable d’éducation postsecondaire, et de renverser la tendance à la hausse des inégalités d’avoirs et de pouvoir qui persistent sous les gouvernements libéraux et conservateurs. Nous avons besoin de considérer l’éducation comme un bien public, tel que l’on conçoit la santé. On ne devrait pas offrir l’éducation postsecondaire selon le revenu des étudiants et des étudiantes, cela devait plutôt être accessible grâce à l’instauration d’un système fiscal progressiste.

Offrir la gratuité de l’éducation postsecondaire afin que personne ne voit les portes de la réussite économique se refermer en raison de leur incapacité à payer des frais de scolarité. Cela sera rendu possible en mettant en œuvre un transfert pour l’éducation postsecondaire dédié et amélioré, ce qui nous permettra d’éliminer les frais de scolarité. Notre plan se base sur les modèles proposés par le Centre canadien de politiques alternatives et la Fédération canadienne des étudiants et des étudiantes.  

Aider les Canadiens et les Canadiennes qui doivent composer avec de lourdes dettes d’études. Premièrement, nous y arriverons en éliminant les intérêts sur les dettes d’études. Deuxièmement, nous doublerons le seuil de rémunération avant lequel les étudiants et les étudiantes doivent rembourser leurs dettes d’études selon le Programme canadien de prêts aux étudiants, l’amenant à 50 000 $. Cela aidera grandement les diplômé-e-s qui doivent difficilement rembourser leurs dettes alors qu’ils et elles vivent sous le seuil de la pauvreté. Les étudiants et les étudiantes n’auront pas à rembourser leurs dettes avant d’avoir un salaire décent.

Mettre fin à la discrimination subie par les étudiants étrangers et les étudiantes étrangères. Il est injuste d’exploiter les étudiants et les étudiantes arrivant au Canada pour leur scolarité en leur imposant des frais démesurément élevés. Je travaillerai avec les provinces afin de faire en sorte que les étudiants étrangers et les étudiantes étrangères aient accès au réseau d’éducation postsecondaire, mais aussi au système de santé public et pour qu’ils puissent aisément appliquer pour obtenir leur citoyenneté après avoir gradué.

Augmenter le financement pour les étudiants et les étudiantes autochtones, en tant que droit issu d’un traité. Résultant de l’absence de financement du gouvernement, ce ne sont pas tous les étudiants et toutes les étudiantes autochtones qui peuvent aller à l’école et certains communautés doivent prendre des décisions déchirantes et trancher sur qui pourra ou ne pourra pas accéder à un établissement d’éducation postsecondaire. Je relèverai le plafond de 2% d’augmentation de dépenses au Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire et j’accepterai la recommandation de la Commission vérité et réconciliation de financer les retards accumulés, afin de contrecarrer le sous-financement chronique dont sont victimes les étudiants et les étudiantes autochtones depuis les 20 dernières années. Je vais également accroître l’accès aux étudiants et aux étudiantes Métis qui ne sont pas éligibles à ce financement, présentement.

Accroître le financement pour la recherche aux deuxième et troisième cycles. Nous devons nous assurer que les étudiants et les étudiantes à la maîtrise et au doctorat aient accès aux ressources dont ils ont besoin pour compléter leur recherche. Trop souvent, ils et elles doivent s’affronter pour obtenir le peu de financement disponible. C’est pour cela que j’augmenterai les fonds alloués aux trois conseils subventionnaires, afin de nous assurer que ces organismes aient un accès équitable au financement disponible, tout en éliminant les besoins de pairage avec le privé, ce qui fera en sorte que les fonds seront alloués selon des critères académiques et non selon les besoins à court terme du secteur privé. Un gouvernement néodémocrate ferait également en sorte que les étudiants internationaux issus d’Universités canadiennes aient accès à ces fonds, afin de les aider dans leurs réussites.