Déclaration sur le projet de loi québécois sur la neutralité religieuse de l’État

Statement on Bill 62, Québec bill on the Religious Neutrality of the State

Tout d’abord, je considère troublant le fait que les médias aient essayé de dénaturer mes propos et je considère important de rétablir les faits. J’ai clairement fait connaître ma position sur le sujet, lors du débat de Montréal du 27 août.

Je l’ai dit à plusieurs reprises et je le répète, ma position est claire : je crois fermement que ce n’est pas à l’État de dire à une femme ou quiconque comment s’habiller ou ne pas s’habiller. Il s’agit, pour moi, d’un enjeu de droits de la personne.

Je crois également qu’il est important de faire preuve de respect à l’égard du concept de laïcité au Québec. Respecter les droits de la personne signifie aussi que nous devons respecter le Québec et ses institutions politiques, comme l’Assemblée nationale. Il faut être conséquents avec le travail que nous avons accompli en adoptant la Déclaration de Sherbrooke, qui reconnaît la Nation québécoise, son droit à l’autodétermination, le fédéralisme asymétrique et coopératif et qui nous a permis de bâtir des ponts et de faire une percée dans la Belle province.

Soyons clairs : C’est avec le Québec que nous formerons le premier gouvernement réellement progressiste de l’histoire du Canada, pas sans lui. Si nous prétendons réellement vouloir unir les progressistes d’un océan à l’autre, nous avons le devoir de respecter l’histoire et la culture particulières et uniques de la Nation québécoise.

La société québécoise est très majoritairement progressiste. C’est en utilisant son pouvoir législatif que l’Assemblée nationale a fait du Québec un exemple pour plusieurs militants du Canada anglais, comme moi, que l’on pense à son programme de garderies, qui fait l’envie de plusieurs autres juridictions du pays, de ses frais de scolarité, qui sont les plus bas en Amérique du Nord et qui a fait du Québec la première juridiction à mettre fin à la discrimination envers la communauté LGBTQ.

C’est son histoire et sa culture particulières qui ont permis à la Nation québécoise de construire un mouvement féministe fort et fier, un mouvement syndical vivant et militant et autant de mouvements sociaux voués à réduire les inégalités et à bâtir la solidarité sociale que nous connaissons au Québec.

Il est clair que n’importe quelle loi, incluant la loi québécoise sur la neutralité religieuse de l’État, ne peut contrevenir aux chartes québécoise et canadienne des droits de la personne, qui prévoient aussi des recours à quiconque se sent brimé dans ses droits. Dans ce contexte, il reviendra aux tribunaux de décider de la validité de la loi et il n’appartient pas aux politiciens fédéraux d’intervenir dans un débat qui a lieu à l’Assemblée nationale ou devant les tribunaux.

Se tenir debout pour les droits de la personne nous impose de respecter les droits collectifs de la Nation québécoise et à ce sujet, comme je l’ai dit lors du débat de Montréal, je suis très préoccupée par le type de « Québec bashing » auquel nous assistons présentement dans les médias ou ailleurs.

Je suis aussi d’avis que nous ne devrions pas diaboliser les leaders politiques ainsi que les militants et des militantes d’organismes de défense des droits et de groupes anti-racistes, qui adoptent des positions progressistes tout en luttant contre le racisme et l’islamophobie dans leurs communautés.

Finalement, si nous voulons réellement nous attaquer à la montée du racisme et de l’islamophobie, partout au Canada et faire respecter les droits et libertés, nous devons travailler ensemble et parler haut et fort contre la haine et l’intolérance, quelles qu’elles soient et où qu’elles se trouvent. Nous diviser, c’est jouer le jeu des groupes d’extrême-droite et de leurs membres.

En tant que progressistes, nous devons poursuivre le travail de Jack Layton et continuer de travailler avec le caucus du Québec ainsi qu’avec les militants et les militantes des organisations communautaires, afin d’enraciner le NPD au Québec. C’est grâce à la Déclaration de Sherbrooke et d’un leadership audacieux du NPD que nous avons pu bâtir des ponts et réaliser une percée au Québec. Continuons le travail!

First off, I have found the media’s attempt to misrepresent my views as deeply troubling. I stated my position clearly at the Montreal debate on August 27th.

My position and my record is clear: I believe nobody has the right to tell a woman, or anyone else, what they can and cannot wear. For me, this is an issue of fundamental human rights.

I also believe it is important to respect Quebec’s commitment to secularism, as well as its National Assembly. Central to this is adhering to the Sherbrooke Declaration which recognizes Quebec’s right to self-determination, and its asymmetric, cooperative federalism that makes it a nation within a country. This relationship must be respected for it allows us to build bridges and breakthroughs in this beautiful province.

Let us be clear: it is with Quebec that we will form the first truly progressive government in Canadian history, not without it. If we truly want to unite progressives from coast to coast to coast, we have a duty to respect the particular history and culture of Quebec.

Quebec has demonstrated that bold, principled leadership can create strong progressive legislation. Many activists outside Quebec, myself included, are inspired by the trails that have been blazed by the people of Quebec when it comes to human rights. Affordable and accessible childcare, tuition that remains the lowest in North America, as well as its leadership as the first jurisdiction to end institutional discrimination against the LGBTQ2+ community.

It is this particular history and culture that has enabled the nation of Quebec to build a strong and proud feminist movement, a thriving union movement and so many other social movements dedicated to addressing social inequalities.

It is clear that any law, including the Quebec legislation on the religious neutrality of the state, cannot contravene the Charte des droits et libertés de la personne or the Canadian Charter of Rights and Freedoms. Further, both charters provide recourse to anyone who feels their rights are being vioaled.

It is not the place of federal politicians to intervene in a debate that takes place in a National Assembly and in front of the courts. Ultimately, it will be up to the courts to decide the validity of these laws

As I indicated during our debate in Montreal, I am also very concerned about the rise of Quebec Bashing that has emerged around the discussion of Bill 62. We must not vilify Quebec leaders or the many anti-racist, and social justice activists who are pushing progressive positions while taking on racism and Islamophobia in their communities.

Finally, we must focus on tackling the rise of racism, Islamophobia and white supremacy across Canada. We must work together and speak out clearly against hatred and intolerance in our communities. Sowing the seeds of division and discord amongst ourselves only plays into the hands of extreme right groups and those that seek to breakdown our social solidarity.

As progressives, we must continue the legacy of Jack Layton, and continue to work with our colleagues in the Quebec caucus as well as grassroots activists to build the NDP in Quebec. It is because of the Sherbrooke Declaration, and the bold leadership of the NDP that we have been able to build bridges and breakthroughs in Quebec. Let us continue.